juin 17, 2007

ONG, etc …

Posted in Ben et Ignace, ong, rwanda à 2:35 par Guillaume

Un article que j’aurais dû écrire depuis quelques temps …

Le Rwanda est le pays des ONG et des acronymes : WFP (World Food Program), UNDP (United Nations Developement Program), ONUSIDA (ça s’explique tout seul), Right to Play, Human Rights Watch, USAID (United States Agency for International Development), CARE, PRI (Penal Reform International) … ajoutons à cela les programmes d’aide au développement d’un nombre considérable de pays, toutes les associations rwandaises, etc, etc, etc, … Pour une liste (non-exhaustive, cliquez ici).

Les ONG, il y en a de tous styles. Des grandes, des petites, des internationales, des locales, des africaines, des européennes, des états-uniennes, sans doute quelques chinoises, des ONG où l’on trouve plus de rwandais, certaines où l’on trouve plus d’européens (quoi que, le gouvernement demande la parité).

Entre tout cela, bien sûr, quelques tensions. Comme ces deux amis français qui écrivaient :

Au Rwanda nous avons quelques amis qui travaillent dans des ONG ou aux Nations Unies. Il vivent plus ou moins comme des rois, loin de la population, la journée ils sont le plus souvent dans des bureaux… Mais comment peuvent-ils espérer comprendre la réalité que vivent les personnes qu’ils veulent aider en vivant eux-mêmes de cette manière ?!? Ce n’est tout simplement pas possible. Quand on discute avec eux nous voyons bien à quel point ils ont du mal à comprendre les gens qu’ils sont sensé aider. Ce n’est pas par mauvaise volonté, c’est parce qu’il ne sont pas dans un cadre qui le leur permet. Je ne dis pas que nous, on comprends tout, loin de là, mais c’est sûr qu’en vivant au quotidien avec des enfants qui sont considérer comme des moins que rien, on ressent, plutôt qu’on ne comprend, un certains nombre de choses, sur leurs « problèmes » mais aussi sur leurs « rêves, projets et envies » pour l’avenir.

(pour l’article complet, cliquez ici).

En Suisse, j’entends le même discours. L’impression que certains de ces gens sont déconnectés. Qu’ils ont la vie facile, un peu d’aventure et des salaires inconvenants.

En arrivant au Rwanda, j’ai eu le même genre de réaction. Ce que l’on voit en premier, c’est les grosses voitures, les beaux bâtiments, les bureaux. Des gens qui ont l’air d’être dans un monde à part.

Et puis j’ai rencontré « ces gens là ». Ceux qui travaillent pour l’ONU, ceux qui sont dans les bureaux plus que sur le terrain. J’ai appris à les connaître. J’ai découvert leur travail. J’ai passé des soirées avec eux, des Après quelques mois, j’ai changé d’avis.

Oui, l’ONU a une armée de grosses Toyota Prado, mais pas plus que les autres. L’EPR a les mêmes. Oui, certains travaillent dans des bureaux, et ne croisent que rarement les populations les plus nécessiteuses. Mais un job de bureau peut lui aussi être important. L’approvisionnement d’un camp de réfugiés ne se prépare pas seulement sur le terrain. Et surtout, aucun de ceux que j’ai rencontré ne reste dans son monde. Tous les expats que j’ai croisé ont des amis rwandais. Certains plus que d’autres.

Et surtout, tous sont touchés par ce qui se passe autour d’eux. Tous essaient de faire un petit quelque chose pour créer un monde meilleur.

Loin de moi de dire que la situation est idéale. Bien sûr, quelques « huiles » ont des salaires disproportionnés (mais à côté de cela, combien de stagiaires payés au lance-pierre). Bien sûr, on peut trouver de gros disfonctionnement dans les grosses ONG. Bien sûr, la taille implique une certaine lourdeur et une certaine bureaucratie. Mais derrière tout cela, n’oublions pas qu’il y a aussi des gens. Et qu’eux aussi méritent un petit bout de respect.

Voilà, mon petit cantique pour ceux dont je trouve qu’ils manquent parfois de la reconnaissance qui leur est due …

Publicités

mai 15, 2006

The end of the two half naked french cooks

Posted in Ben et Ignace, départ, kigali, rwanda à 10:33 par Guillaume

Ben et Ignace à l'aéroportC'est fini. Les deux cuisiniers français, Ben et Ignace, sont repartis. Je sens déjà que les séances de boulangerie dans ma cuisine, à torse nu pour combattre la chaleur du four (d'où leur surnom : "The two hafl naked french cooks") vont me manquer. Et encore plus le délicieux pain frais. Et les conversations …

Bref, je les ai accompagnés à l'aéroport ce samedi. Départ à pied depuis le CPAJ (Centre Presbytérien d'Amour des Jeunes) avec une ribambelle de gamins et d'amis. Entrée dans l'aéroport malgré les avertissements de la directrice : les enfants n'ont pas de cartes d'identité et durant la rencontre du NEPAD la sécurité est un peu accrue. Heureusement, Emmanuel (l'un des responsable du CPAJ) était là avec sont plus beau costume et a négocié notre entrée.

Quelques larmes de nos deux français, quelques unes des enfants, voir du staff. Malgré quelques réactions négatives de la part du staff du CPAJ par rapport à leur projet peu conventionnel, les enfants sont là pour prouver qu'il s'est passé quelque chose d'important. Ben et Ignace sortent d'une école de "Développement et Economie". Le parcours standard aurrait été de travaillé comme chef de projet pour l'ONU ou pour MSF. Mais ils voulaient ajouter à leur cursus une réflexion plus profonde sur les enjeux du développement. 4 mois passés avec les jeunes du CPAJ, sans but "utile", simplement à vivre avec eux au quotidien, manger de la pâte jaune et des ibishimbo (haricots) 3 fois par jours, se coucher à la tombée de la nuit parce que l'éléctricité fait défault, … Cela a dû leur donner un brin de réponse !

La suite du projet : ouvrir un resto sympa dans un lieu à déterminer, servir de bons produits du terroir et du pain frais. Si j'entends du nouveau à ce sujet, je vous tiens au courant et vous encourage à gouter à leur cuisine …